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Ce blog me permet de transmettre le message de l'Islam, pour éveiller les âmes à plus de compréhension du monde qui nous entoure et ranimer les mémoires trop endormies sur divers sujets. Les musulmans aspirent à voir une Oumma beaucoup plus unie et soudée bien au-delà de nos divergences.

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Date de création : 10.06.2013
Dernière mise à jour : 14.02.2026
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Salmân le perse - Le chercheur de vérité 3/3

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Un jour le Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam) me dit : " Demande à ton maître qu'il te prépare un contrat d'affranchissement ". Après m'être exécuté, le Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam) demanda aux Compagnons de m'aider. [Nous avons là une image réelle de ce qu'est la fraternité en Islam. Il ne s'agit pas là de paroles gratuite, mais d'un comportement accompagnés d'actes concrets]. C'est alors qu'Allah m'affranchit. Je devins dès lors un musulman libre. Grâce à Allah, je pus prendre part à la bataille de la tranchée ainsi qu'à toutes les autres expéditions au côté du Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam).

 

En ces termes limpides et sincères, Salmân résumait son honorable et extraordinaire aventure à la recherche de la Vérité. Sa recherche de la Véritable religion l'avait relié à Allah et lui avait fait comprendre la raison même de son existence.

 

 

 

Qui était donc ce grand homme ?

Quelle force supérieure avait acquise son âme, pour imposer sa volonté malgré toutes les difficultés ?

Salmân ne savait pas ce que signifiait le terme : impossible.

 

 

 

Quelle ferveur permanente pour la Vérité !

Son attachement à la vérité l'a fait sortir de l'opulence dans laquelle il vivait avec son père pour une vie parsemée de difficultés et d'épreuves. Il se déplaçait d'une région à une autre, d'un pays à un autre, épuisé, mais tenant bon dans sa quête et sa dévotion. Il observait avec un regard critique tout ce qui l'entourait sans faiblir un instant dans sa recherche de la vérité. Il continua à observer le monde qui l'entourait même après avoir été vendu comme esclave. Il endurait avec patience sachant que c'était le prix à payer pour obtenir la guidance. Ces efforts n'étaient pas vains puisque Allah le récompensait en le rapprochant jour après jour de la vérité tant recherchée. Allah l'amena même jusqu'à Son Messager (sallallahu 'alayhi wa sallam) puis allongea sa vie afin qu'il puisse voir de ses propres yeux l'Islam se répandre dans toutes les régions du monde.

 

 

 

Que pouvons-nous attendre de l'Islam d'un homme qui a autant d'ambition et de sincérité ?!

Il vivait l'Islam des hommes bons et pieux. Il était semblable à Umar Ibn Al Khattâb dans son ascétisme, sa perspicacité et sa crainte d'Allah.

 

 

 

Une fois, Salmân resta quelques jours chez Abû Ad Dardâ qui avait pour habitude de jeûner le jour et prier la nuit. Salmân lui reprocha son zèle dans l'adoration et un jour, il tenta de l'empêcher d'accomplir un jeûne surérogatoire. Abû Ad Dardâ lui reprocha son comportement et lui dit : " Veux-tu m'empêcher de jeûner pour mon Créateur et de me prosterner devant Lui ? " Salmân lui répondit : " Tes yeux ont un droit sur toi que tu dois respecter, ton épouse a un droit sur toi dont tu dois t'acquitter. Ne jeûne pas tous les jours et ne prie pas non plus toute la nuit ". Lorsqu'on rapporta l'incident au Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam), ce dernier dit : " Certes, Salmân a été comblé de science ". Le Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam) appréciait se perspicacité et trouvait son savoir très pertinent ; il aimait aussi sa haute moralité ainsi que sa religiosité de façon plus générale.

 

 

 

Alors que les musulmans creusaient la tranchée pour faire face aux coalisés, les médinois [Ansârs] dirent : " Salmân fait partie de nous " et les émigrés [Muhâjirûn] de leur rétorquer : " Salmân fait plutôt partie de nous ". Le Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam) les interpella en disant : " Salmân fait partie de nous. Il fait partie des gens de ma maison ". Il ne fait aucun doute qu'un tel honneur est bien mérité.

 

 

 

Alî Ibn Abî Tâlib (qu'Allah l'agrée) le surnommait : " Luqmân Al Hakîm [le sage] ". Après la mort de Salmân, on interrogea Alî sur sa véritable personnalité ? Il répondit : " Nous sommes les gens de la maison du Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam). Cet homme fait partie de nous et il nous est affilié. Qui parmi vous peut avancer quelqu'un de semblable à Luqmân le sage ? On lui a accordé le savoir des premières communautés de croyants ainsi que celui de la dernière. Il a étudié le premier Livre révélé par Allah ainsi que Le dernier. Il était un océan de savoir intarissable ".

 

 

 

Salmân jouissait de la plus grande estime parmi les Compagnons du Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam). On rapporte qu'un jour, sous le califat d'Umar, il souhaita se rendre à Médine. En apprenant la nouvelle, Umar fit quelque chose qu'il n'avait peut-être jamais fait auparavant. Il convoqua les Compagnons et leur dit : " Sortons tous ensemble pour recevoir Salmân ". Les Compagnons se dirigèrent tous vers les abords de Médine afin de l'accueillir dans la ville du Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam).

 

 

 

Salmân n'avait plus quitté le Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam) depuis qu'il l'avait rencontré. Depuis sa conversion, sa vie n'était plus la même. Il était devenu un homme libre, un combattant et un fervent dévot. Salmân avait ensuite vécu sous le califat d'Abû Bakr, puis d'Umar. Il décèdera sous le califat de Uthmân.

 

 

 

A l'époque des trois premiers califes, l'Islam vivra une expansion exceptionnelle et rapide. Les trésors et richesses provenant du tribut [jizya] et du butin [fay] seront transportés jusqu'à Médine pour être ensuite distribués avec justice entre les musulmans sous forme de don ou de salaire. Plus l'Etat musulman s'agrandira, plus les responsabilités se multiplieront. Cela impliquera de la restructuration et par conséquent, la création de postes à pourvoir. Mais dans cette expansion sans précédent, où se trouvera Salmân ? Dans cette période historique frappée par l'abondance et la prospérité, où Salmân pourrait-il se trouver ?

 

Imaginez un peu, un vieil homme imposant, assis à l'ombre, tressant des feuilles de palmier pour fabriquer des ustensiles et des paniers pour transporter des dattes. Voilà ce que faisait Salmân. Habillé d'un vêtement dépassant à peine les genoux, il nous montre dans quelle joie et splendeur il vivait son âge avancé et à quel point son apparence ne le préoccupait pas. Ses appointements étaient importants : on parle de 4000/6000 dirhams par an. On rapporte qu'il ne gardait rien pour lui et qu'il distribuait absolument tout. Il disait : " J'emprunte un dirham pour acheter des feuilles de palmier que j'utilise ensuite pour confectionner un objet. Ensuite, je revends la marchandise pour trois dirhams. Je rends le dirham emprunté, je subviens au besoin de ma famille avec un dirham puis je donne le troisième dirham en aumône. Même si Umar Ibn Al Khattâb m'interdisait d'agir de la sorte, je continuerais de le faire ".

 

 

 

Ô disciples de Muhammad (sallallahu 'alayhi wa sallam) !

Ô vous qui êtes la meilleure communauté suscitée à l'Humanité !

Certains parmi nous pensaient que l'ascétisme et la piété de certains Compagnons tels qu'Abû Bakr, Umar et Abû Dharr venaient du fait qu'ils étaient originaires de la péninsule arabique qui avait des conditions de vie spécifiques et modestes. Mais nous voilà ici devant un homme originaire de Perse où les conditions de vie étaient plutôt luxueuses. La Perse était aussi connue pour ses délices et son progrès civilisationnel. Salmân n'était donc pas originaire d'un peuple vivant dans la précarité mais plutôt d'une civilisation ne connaissant que l'aisance. En d'autres termes, il venait de l'élite.

 

Posons-nous la question : Pourquoi Salmân refuse t-il la richesse et le bien être en préférant vivre avec un dirham par jour qu'il gagne en travaillant aves ses mains ?

Pourquoi fuit-il la responsabilité de gouverneur de province en disant : " Plutôt mordre le sable qu'être gouverneur " ?

Pourquoi refuse t-il de commander des hommes sauf s'il s'agit d'une troupe de combattants sortis dans le cadre du combat [jihad] ? Même cela il ne l'accepterait pas, sauf en cas de contrainte. Il commanderait alors les combattants avec beaucoup de remords et d'appréhension.

Mais plus encore, pourquoi refuse t-il de prendre la rétribution qui lui est due en tant que gouverneur, ce poste qu'il sera finalement obligé d'accepter ?

 

Hishâm Ibn Hassân rapporte d'Al Hasan les propos suivants : " Le salaire de Salmân atteignit 5000 dirhams. Il gouvernait un peuple de 30 000 individus. Il ne portait qu'un seul manteau qu'il ne quittait jamais. Lorsqu'il recevait son salaire, il le distribuait préférant vivre par ses propres moyens ".

 

 

 

Pourquoi a t-il agi de cette façon ?

Pourquoi tant d'ascétisme alors que notre compagnon d'origine perse a grandi dans l'opulence et le progrès civilisationnel ?

Ecoutons le répondre lui-même à toutes ces questions alors qu'il se préparait à quitter ce monde pour rejoindre son Créteur le Très Haut, le Très Miséricordieux dans l'Au-delà. En voyant Sa'd Ibn Abî Waqqâs à son chevet, Salmân versa des larmes. Sa'd l'interrogea : " Ô père d'Abd Allah ! Pourquoi pleures-tu alors que le Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam) a quitté ce monde en étant satisfait de toi ? " Il répondit : " Par Allah ! Je ne pleure pas par peur de la mort, ni par attachement à la vie d'ici bas, mais parce que le Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam) exigea de nous de veiller sur une chose. Il a dit : " Contentez-vous du strict minimum des biens de ce bas monde et n'en prenez que ce qui est indispensable pour votre subsistance ". Me voici aujourd'hui entouré de toutes ces choses ". Sa'd raconte qu'il n'observait pourtant autour de lui qu'une écuelle et un récipient pour les ablutions. Il lui dit alors : " Ô Abû Abd Allah ! Donne-nous une consigne à laquelle on pourrait s'attacher après ton départ ". Salmân lui dit : " Ô Sa'd ! Rappelle-toi Allah toutes les fois que tu es sur le point d'agir, rappelle-toi Allah quand tu prononces un jugement et rappelle-toi Allah lorsque tu veux partager avec autrui ". Voilà donc l'homme qui a préféré enrichir son âme plutôt que de s'intéresser aux biens terrestres, aux hautes fonctions et à la renommée. Salmân avait tenu son engagement auprès du Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa salam) consistant à ne pas se laisser guider par cette vie d'ici bas et à se contenter du strict minimum. Malgré cela, il ne put s'empêcher de pleurer par crainte de ne pas avoir tenu son engagement. Il n'avait pourtant, au moment de sa mort, qu'une écuelle et un récipient pour accomplir les ablutions. Bien qu'il ne possédait rien, il croyait vivre dans le luxe ! Il est sans nul doute celui qui ressemblait le plus à Umar.

 

[Nous avons à travers le comportement de Salmân une belle image de l'éducation spirituelle donnée par le Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam). Ces hommes étaient au service de l'humanité et ne recherchaient que la satisfaction d'Allah. Un tel comportement ne peut que bouleverser les sociétés et offrir au croyant une place privilégiée dans l'Au-delà].

 

 

 

Lorsque Salmân deviendra émir d'Al Madâ'in [Ctésiphon], son comportement ne changera absolument pas. Il refusait de prendre un salaire pour sa fonction, ne vivait que par la vente d'objets confectionnés et ne portait sur son dos qu'un vieux manteau. Un jour, il croisa un commerçant venant du Shâm qui portait une charge de figues et de dattes. En voyant Salmân, le commerçant cru qu'il s'agissait d'un pauvre de la cité qui pourrait l'aider en échange de quelque chose. Il avait été trompé par son apparence. L'homme lui fit signe de venir et dit : " Porte moi cette charge ". Salmân porta la charge et s'en alla avec l'homme. Sur le chemin, ils rencontrèrent des gens, Salmân les salua et ils répondirent : " Que la paix soit sur toi ô émir ". Le commerçant se demanda de quel émir ces gens parlaient ! Puis il fut encore plus étonné lorsqu'il vit certains d'entre eux s'approcher et dire à Salmân : " Laisse-nous porter la charge à ta place ô émir ". Le commerçant comprit alors qu'il avait face à lui Salmân le gouverneur d'Al Madâ'in. Très embarrassé par la situation, il tenta de s'excuser et de reprendre sa marchandise, mais Salmân refusa en lui faisant signe de la tête puis lui dit : " Non, pas avant que je te fasse parvenir à destination ". Un jour, une personne interrogea Salmân : " Pourquoi répugnes-tu autant au pouvoir ? " Il répondit : " Parce qu'il est agréable à vivre et amer à quitter ". Une autre fois, un de ses proches lui rendit visite et le trouva entrain de pétrir de la farine. Il lui dit : " Mais où est l'employé de maison ? " Il répondit : " Nous l'avons envoyé faire une course. Nous ne voulions pas le surmener en lui donnant deux tâches à la fois ".

 

 

 

Aucun plaisir de la vie d'ici bas ne détournait le coeur de Salmân si ce n'est une chose à laquelle il tenait particulièrement. Cette chose, il l'avait confiée à son épouse, et lui avait demandé de la cacher dans un endroit sûr et loin des regards. Le matin du jour de sa mort, alors qu'il était souffrant, il appela son épouse et lui dit : " Ramène moi ce que je t'avais confié et demandé de cacher ". Elle ramena aussitôt le dépôt, il s'agissait d'un petit paquet de musc qu'il s'était approprié lors de la libération de la ville de Jalwalâ. Il l'avait soigneusement gardé pour s'en servir le jour de sa mort. Il demanda ensuite qu'on lui apporte de l'eau dans un vase. Il mélangea le musc à l'eau puis dit à son épouse : " Asperge de cette eau mes alentours car j'ai actuellement la visite de certaines créatures d'Allah qui ne consomment pas de nourriture et qui apprécient le parfum ". Une fois que les lieux furent aspergés, Salmân lui dit : " Maintenant, descends et ferme la porte derrière toi ". Son épouse s'exécuta puis au bout d'un moment, elle remonta voir son mari. Elle le trouva mort. Son âme s'était séparée de son corps et avait définitivement quitté ce bas monde. Elle avait rejoint l'Au-delà avec joie puisqu'elle était partie rejoindre le Messager d'Allah (sallallahu 'alayhi wa sallam), ses deux Compagnons Abû Bakr et Umar, ainsi qu'une foule honorable de martyrs et d'hommes vertueux.

 

Cela faisait longtemps que Salmân attendait ce moment. Il était rongé par la nostalgie. Il était grand temps pour lui de rejoindre ceux qu'il aimait.